Damy Tangage

Damy Tangage Bonjour

J'ai découvert l'écriture dans les années mille neuf cent quatre vingt dix à l'occasion d'un évènement très douloureux.
Pensant que mes écrits n'avaient de valeur que pour moi, ils sont restés au fond d'un tiroir très longtemps.
En 2007 j'ai découvert par hasard des forums littéraires interactifs sur internet où, en s'inscrivant, l'on peut publier et être commenté. Certains fonctionnent comme les maisons d'édition avec un comité de lecture et un comité de sélection. J'ai osé proposer quelques textes et les critiques furent bonnes. J'ai découvert alors une passion, tournée surtout vers la poésie.

Aujourd'hui je m'investis dans le livre, sorte de consécration pour bon nombre d'écrivains.

J'obtiens des succès dans des concours, notamment en poésie classique, et je suis publié dans des anthologies et des revues de qualité.

Mon blog
http://www.damy-fugue-mi-raison.com/

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Articles

Entretien avec Fabienne Rêve

À propos de "Murmures d'écume":

Fabienne Rêve est fondatrice de la revue Encre bleue, publiée pour "promouvoir les auteurs indépendants d'ici ou d'ailleurs".


Damy Tangage, nous avons découvert dans le précédent numéro d’Encre Bleue, l’une de vos poésies, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

J’ai 62 ans, je suis cadre au Conseil général des Landes à la Direction de l’Environnement où le me suis occupé, pendant plusieurs années, à mettre en place des chemins de randonnées à pied, à VTT et à cheval. Aujourd’hui je suis chargé, d’une manière plus large, de développer l’écotourisme, le tourisme de découverte de la nature.

Dans votre recueil « Murmures d’écume » vous nous offrez des nouvelles et des poésies, est-ce la forme d’écriture et de lecture que vous préférez ?

Je lis très peu en fait et plutôt des romans. On me dit que j’écris mieux en prose qu’en poésie, pourtant c’est la poésie que je préfère, peut-être parce que les règles sont plus compliquées (pourquoi faire simple…). Je crois que j’écris des nouvelles parce que je me sens incapable d’écrire des romans.

Vos nouvelles sont inspirées par les pays chauds, sont-elles tirées de vos inspirations de voyages ?

J’ai eu la chance de beaucoup voyager dans ma jeunesse, y compris jusque dans le pays froid qu’est la Norvège. J’ai travaillé 2 ans en Algérie en 1975-1976, j’y ai gardé des relations qui me sont très chères à qui je vais toujours rendre visite de temps en temps. Le Maghreb, le Proche et le Moyen Orient sont la région de monde qui m’attire et m’inspire le plus.

Vous dites que vos inspirations viennent de la maladie « mélancolique », certains auteurs se servent de l’écriture comme d’un exutoire. Est-elle selon vous, un véritable remède à la vie ?

J’ai commencé d’écrire spontanément en 1990, à l’occasion d’une très grave dépression nerveuse qui a atteint le stade clinique de la « mélancolie ». J’ai dû faire de nombreux séjours en milieu psychiatrique. Oui, l’écriture est une forme de catharsis et aujourd’hui que je connais la résilience, je peux affirmer que l’écriture a joué un grand rôle dans ma guérison. Une très bonne thérapie qu’est la poésie-thérapie. Maintenant je m’en sers préventivement, j’y suis un peu accro.

Votre nouvelle « la marche, la vie » a reçu la deuxième mention au concours international francophone 2010, quel a été le déclencheur de cette inspiration ?

Une randonnée à ski de plusieurs jours dans les Pyrénées avec des copains. Un souvenir inoubliable.

La mer, le désert sont des paysages très présents dans vos nouvelles, est-ce la quiétude du lieu qui inspire tant ?

Oui certainement, leur vastitude aussi. Je peux m’y retrouver seul, en toute humilité et à l’abri de toute agitation humaine. J’aime aussi beaucoup la montagne. Tous ces milieux sont propices à la méditation.

Ecrivez-vous pendant vos voyages, vos longues marches ?

Non jamais. J’écris quand je suis seul, devant mon ordinateur, en écoutant de la musique et plutôt la nuit. Je suis incapable de goûter à deux plaisirs en même temps.

Dans la très belle poésie « Le miroir aux caresses » vous évoquez la fuite de l’inspiration, la panne d’écriture, la confrontation avec la page blanche est une peur pour vous ?

Ce poème, que j’aime beaucoup, évoque surtout la vanité d’écrire. C’est une activité de solitaire. Elle dit en quelque sorte qu’il est préférable de faire l’amour plutôt que de l'écrire, même poétiquement.
Je n’ai jamais éprouvé l’angoisse de la page blanche, je laisse tout son temps à mon inspiration pour redevenir fertile. L’écrivain, comme tout autre acteur dans la vie, a besoin de temps plus ou moins long pour se ressourcer.

Vous publiez beaucoup de vos textes sur les sites de littérature sur internet, est-ce que la toile est un excellent de se faire connaitre ?

Ce n’est qu’en 2007 que j’ai découvert par hasard l’existence de forums interactifs de littérature. Ce n’est pas pour m’y faire connaître que je les fréquente mais plutôt pour m’en servir d’atelier d’écriture. Ces forums permettent d’avoir des remarques, des critiques etc. ou des louanges immédiates. Quand on est écrivain, à fortiori poète, sans renom, il est très difficile de se faire connaître et je cherche la qualité plus que la quantité.

Participez-vous à beaucoup de salons dans votre région ?

Je vais juste dans un salon local organisé chaque année en octobre dans un petit village-bastide charmant au milieu du vignoble du Tursan. Mais là encore, je m’enrichis plus par les rencontres humaines que par la vente de mon livre (3-4 unités par an).
Je vais aussi dans un cercle de poètes à Bordeaux, une fois par mois. Inutile de vous dire que je préfère ces rencontres à la virtualité d’internet.

Retravaillez-vous vos poésies ou gardez-vous le premier
jet ?

Je les retravaille toujours à la lumière des critiques pertinentes et je n’écris jamais d’un seul jet. Un poème à besoin de temps de maturation. Je rature beaucoup. Ce n’est que quand je suis à peu près satisfait que j’ose publier. Je suis assez perfectionniste et, vous savez, sans cesse sur le métier…

Avez-vous des auteurs favoris ?

Charles Baudelaire incontestablement et j’apprécie aussi Stephan Zweig ou George Bataille.

D’après mon ressenti en lisant votre livre, la citation de Frédéric Chopin « Je préfère écrire toutes mes sensations que d’être dévoré par elles », ressemble beaucoup à Damy Tangage. Je me trompe peut-être ?

Vous ne vous trompez pas tout. D’une part j’adore Chopin (notamment La Chanson de l’Adieu-Tristesse) et d’autre part ce qu’il a écrit est parfaitement vrai. On tombe dans la dépression quand on ne peut plus communiquer sa souffrance à ses proches, parce qu’elle est telles qu’elle nous déborde au point de nous plonger dans un état de confusion mentale et parce que les proches s’en protègent, ce qui est bien normal. L’écriture, comme n’importe quelle autre activité solitaire, la musique, le jardinage etc. est un excellent moyen de dialoguer avec soi-même et petit à petit de prendre du recul sur soi-même. Elle apprend à s’aimer soi-même.

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