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Auteurs :
– Isyanî – Michelle Hizette – Arielle Thomann – Jacques Rolland – Mohamed El-ouahed – Jean-Paul Belly – Georges Valiadis – Sophie Devaux – Madeleine Monnet – Thierry Batt – Orlane Gueret – Catherine Litique – Cécile Degrave – Hélène Rolland – Samuel Bodart – Christophe Bregaint – Alain Elom Ntouzo’o – Gérard Elizagoïen – Yolande Moyne Larpin – Roselyne Legave – Isabelle Tozzi-Legris – Xavier Philiponet – Duncan Saint-Paul – Ludovic Chaptal – S. Lady – Cécil – Sylvie Benguigui – Christophe Laventure – Albert-Robert Ezdra – Marie Jacquemin – Arielle Alby – Anne Leroy – Nadège Besnard –
Et si comme beaucoup de poètes, nos ouvrages collectifs devenaient tout simplement beaux, simples, s’affinant avec le temps et les publications, comme les membres différents et multiples composant une micro société voguant vers cet horizon incertain, mais au combien liant, nous imposant les mutations dues aux doux labeurs que nous engendre la passion poétique ? Est-ce par hasard que nous nous retrouvons si souvent ensemble sous le même toit, à la même table, buvant les vins créés et apportés par les vignerons que nous sommes, goûtant les plats venus des quatre coins de nos mondes ?
Ce projet est mené par l’association d’aide aux auteurs Du souffle sous la plume, les éditions « Les Joueurs d’Astres » et Rezobook distribution.

DU SOUFFLE SOUS LA PLUME - n° 3 – | Poésie |
Nous voici encore à un tournant dans la publication de nos ouvrages collectifs. Dans ce numéro vous trouverez uniquement de la poésie. Jus pressés de nos plus fines plumes, nous vous présentons, ici, une myriade de styles, de types d’expressions poétiques, de sucs tropicaux, forestiers ou urbains, de mets classiques ou modernes, tous dévoués, entièrement réalisés pour ce banquet, aux fins d’être lus et dévorés par vous.
Ce projet est mené par l’association d’aide aux auteurs Du souffle sous la plume, les éditions « Les Joueurs d’Astres » et Rezobook distribution.
Auteurs :
– Samuel Bodart – Mehdi Lochard – Marie-José Bertaux –Jacques Rolland – Jean-Yves Pattus – Alain Simon – Hélène Rolland – Alain Elom Ntouzo’O – Marie-Thérèse Schietsch – Daniel Birnbaum – Arielle Alby – Virginie Couillaud – Éric Gohier – Xavier Philiponet – Thierry Batt – Frédéric Bertrand – Alain Flayac – Marsilda Balla – Patrick Bouillanne – Nicole Monin– Dominique Corbillet – Michelle Grenier – Jacques Dupé – Pascale Mallétroit – Romain Boulmé – Sylvie Benguigui – Ludovic Chaptal – Isabelle Tozzi-Legris –
ISBN : 978-2-36043-013-0
Prix : 9 €

Ca y est ! Les joueurs d'astres éditions ont mis tous leurs ouvrages aux formats numérique PDF en vente sur Rezobook !

" La pénombre se dissipait lentement sous le mausolée du jour. Peu à peu le brouillard qui s’immisçait entre les mondes se découvrait en dansant, trouvant aux cieux plus d’espace pour se confondre. C’est d’une montagne qu’il contemplait la plaine. En son sein, par les minarets qui s’étiraient vers l’éther, une cité d’Orient, le « Visage de la Terre », la mégalopole musulmane Samarcande… Les muezzins de la ville s’accordaient de leurs appels à célébrer le jour ; c’était la première prière, la prière de as-subh. Notre poète descendit à la rencontre de son rêve… Celui-ci le menait dans les entrailles toutes extatiques de ses plus intimes désirs. Dévalant vers la vallée, se rapprochant de la sainte ville, il devina de suite à son cœur l’époque. Il ne se pouvait qu’une seule destinée pour se retrouver ici, flirtant avec l’Orient dans cette capitale millénaire, celle de la poésie. Rien ne pouvait être plus sûr que la présence du maître. Le mathématicien, le géomètre, l’astronome et le poète se trouvaient là à siroter le jour dans la même coupe. La même bouche recevait sa dernière fiole de sang dionysiaque. N’avait-il pas dit : « Lève-toi, nous avons l’éternité pour dormir » ? Oui, au cœur de ces bâtisses demeurait au onzième siècle le savant ivre et intègre, l’unique Omar Khayyâm !
Aucune porte ne protégeait la multitude de madrasas, de mosquées et de nécropoles qui s’enlaçaient devant lui. Comme seul rempart, il aperçut la statue chancelante d’Alexandre le Grand, vestige non moins précieux par ce qu’il suggérait. L’agitation des passants était entièrement vouée à la prière, au commerce du papier et à tous les besoins les plus substantiels. Dans ce brouhaha matinal et habillé des couleurs locales, la clarté du songe permit à son voyageur d’être en son cœur, nomade parmi tous ceux qui composent et abreuvent les veines vitales d’une cité de cette valeur. Étranger, il n’était que mieux intégré à la composition locale. Arabes, Perses, Chinois, Mongols, musulmans, chrétiens, juifs, bouddhistes et autres sectes se côtoyaient à Samarcande (son nom signifiant « lieu de la rencontre »), afin de répandre au monde ses trésors. Promesses de ripailles, d’ivresse et de danger, notre rêveur fit ses premiers pas dans les rues foisonnantes, les artères de l’immense labyrinthe baigné par le soleil. Combien de jardins ornaient le bol d’Allah grâce aux aqueducs et autres adductions d’eau depuis les rives de la rivière Siâb, combien de machines hydrauliques abreuvaient la terre des immoralités par les tripes du sol assoiffé ? En cadence les moulins à papier décrivaient la ronde, la volonté éternelle dont la force donnait à la matière sa pâte supérieure pour finir sous la plume des insensés et retourner ainsi à l’écume abondante des humanités. Au huitième siècle les Arabes enlevèrent quelques artisans papetiers Chinois. Samarcande ou le « Sommet étincelant de la terre », devint par la suite le premier lieu de fabrication du papier de la sphère musulmane…
C’est alors, par le pont des imaginaires, qu’Hermès, au milieu de la foule éloquente, habillé de la chair et du caractère d’un enfant, vint, par le chant de la deuxième prière, rappeler au rêveur, sur un bout de papier donné sous le khalat (manteau matelassé), la poursuite des évènements. C’est ainsi que les poèmes illégaux se propageaient autrefois : cette méthode avait sa signature. Omar Khayyâm avait appris par les entrailles des astres la venue de notre poète. Il lui fixa rendez-vous après al-‘ishâ, la cinquième prière, chez le cabaretier juif Maïmonide, à la taverne de Tachkent, cachée dans la médina à l’ombre de la nécropole des Rois Vivants.
Il lui fallut bien des détours, du temps et de la science pour atteindre l’antre des infidèles. La dernière prière résonna, et il se glissa sans timidité dans l’obscure résidence des initiés à la sève des vignes. Et encore personne ne remarqua cet oiseau rare qui se fit remplir par l’échanson la coupe d’argile. Une faible lueur animait ce lieu propice à tous les excès de la chair, le rire des femmes offertes rendait à l’instant sa mince pépite. La nuit pouvait dès lors être consommée…
Un vieillard fit son entrée… Sa stature bienveillante et éveillée inonda subitement les lieux de sa chaleur ; ses yeux rieurs traversaient les matières jusqu’à en percer ceux de son invité. L’échanson le guida jusqu’à son séjour de feu, et, à la table des convives où sa destinée lui somma de répondre, le mathématicien s’empressa d’ouvrir le Livre du bonheur en versant à la langue ses doux péchés. La chose faite, il se tourna vers le voyageur des songes, le priant d’un sourire malicieux de venir se tenir près de lui."

