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Le jour de foire est arrivé

Jacques-Edmond Machefert
Vendu par Jacques-Edmond Machefert, romancier
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Ajouté le 19/07/2010
Parution 2005
Editeur La Sermazelle
N°ISBN 2-9520835-1-7
Format 220 pages - 14,0x20,0cm
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Synopsis

« Le boucher de la foire » a-t-il été démasqué ? Est-ce la fin du long cauchemar qui ensanglantait, une fois par mois, la capitale de la Saintonge ? La police vient en effet d’arrêter un suspect. Au village, on respire ! On y dispose pourtant d’informations qui pourraient bien faire basculer l’enquête. L’épicier Merlineau, dans son langage fleuri, en raconte de belles sur son commis, le jeune Millepoint. Quant à la mère de ce petit génie de l’informatique, elle cache mal son inquiétude. Surtout depuis qu’elle a trouvé ce rasoir... Et Désiré lui-même, sur le forum de son site Internet, fréquente des gens inquiétants, leur livre des secrets terribles. Seule Juliette, une beauté aussi locale que torride, semble inconsciente ; elle aimerait bien « faire la foire » avec lui. À ses risques et périls ! Mais attention, un crime peut en cacher un autre. Et ceux qui connaissent l’auteur de « La Gabiroute », savent qu’un roman peut aussi en cacher un autre. Violence et sexe ne figurent pas ici à titre gratuit, mais comme éléments d’un puzzle à reconstituer… sans oublier la pièce “HUMOUR”. NOIR de préférence !

Extrait

Depuis trois jours, « Sud-Ouest » tient ses lecteurs en haleine, distillant des précisions sur les circonstances supposées du meurtre, sur la victime, sa famille, ses amis, sur l’enquête qui n’a pas l’air d’avancer bien vite... Chez les Lanzi, le tas de journaux est — paraît-il — impressionnant et à onze heures, tout est parti. Quant aux langues, vous pouvez croire qu’elles vont bon train... surtout dans les commerces... surtout à l’épicerie, avec monsieur Merlineau qui n’oublie pas de lancer la conversation dans cette direction, et d’y exposer son point de vue quant à la manière d’en finir avec l’insécurité qui progresse jusque dans notre Saintonge profonde. « La faute à ces putains d’politiciens socialo-communisses-laxisses à la solde des juifs zallemands, des maçons-pas-francs, et de toute la racaille claustropolite. » Je ne comprends rien à tout son charabia... mais je crois qu’il aurait tout intérêt à se calmer s’il ne veut pas perdre une clientèle qui a déjà tendance à lui faire des infidélités. Hier, il s’est fait traiter de sale facho par monsieur Guilloux, un conseiller municipal...
Le plus grave avec tous ces bavardages, c’est que monsieur Merlineau me prend toujours à témoin, répétant à tous que je me trouvais sur la foire, au moment du crime. Et les questions n’en finissent pas pour savoir ce que j’ai vu, entendu, perçu... Rien, rien du tout !
Hier, c’était la photo de la victime qui faisait la une du journal, une photo ancienne, issue d’une carte d’identité ou d’un permis de conduire, avec deux trous dans les coins... Amandine Fernasson — elle s’appelait comme ça — paraissait très jeune, dix-huit ans... ou dix-neuf... un visage fin, des cheveux courts, des boucles d’oreilles, une croix « Plus qu’hier, moins que demain » au creux de son cou...
– Regardez-moi ça, clamait mon patron en brandissant sa pièce à conviction, une gamine si mignonne, presque mineure...
Il était rouge tirant sur le violet, complètement démonté derrière son comptoir. Et comme les ménagères semblaient l’approuver, il en rajoutait :
– Le salopard a dû êtr’ dérangé pendant qu’y f’zait son coup, sinon y l’aurait violée, sûr comme deux et deux font quatr’ !
– C’est vrai qu’elle était bien jolie, s’extasiait la mère Bouju au bord des larmes, une vraie poupée, un peu comme ma Brigitte. Ah ! vous pouvez me croire, monsieur Merlineau, si jamais un de ces malades touchait un seul des cheveux de ma Brigitte, il aurait pas l’occasion de recommencer. Timante serait impitoyable ! Même la torture serait trop douce pour de pareils criminels ! Il faudrait...
– Leur couper les couilles ! Mais au lieu d’ça, on les met dans des asiles pendant un an ou deux, soi-disant pour les soigner, et quand y sortent, y r’commencent, les fumiers ! Putain, oui, c’est une honte !
– Une abomination !
– J’vous crois, mère Bouju ! Et pendant que l’fumier s’promène en liberté, qui c’est qui paye des impôts pour entret’nir les fonctionnaires ? j’vous l’demande. Toujours les mêmes, les zonnêtes gens !
– La vie est mal faite...
Ce genre de dialogue se renouvelle inlassablement, à longueur de journée, les protagonistes ne paraissant jamais rassasiés, ivres de haine, prêts à tous les lynchages pourvu qu’ils y trouvent un exutoire à leur colère, un bouc émissaire pour étancher leur soif de vengeance. Et une fois qu’ils ont craché en chœur, leur inutile venin, ils se tournent régulièrement vers moi. Monsieur Merlineau semble très fier de me montrer du doigt :
– L’gamin y était, c’est comme j’vous l’dis.
– Oh ! pauvre Désiré, comme tu as dû avoir peur !
– Je n’ai pas eu peur, madame Bouju, je n’ai rien vu...
– Mais tu as forcément vu quelque chose, puisque tu y étais... ça s’est passé tout près de la foire !
– Voilà, se réjouit monsieur Merlineau, j’me tue à lui s’riner ça mais y veut rien entendr’. Il a la caboche plus dure que du bois !
– J’étais de l’autre côté du pont...
– Eh ben ! tu vas pas nous faire croire que l’Av’nue est à dix kilomètres du Cours ! T’as forcément vu ou entendu quèque chose... Forcément !
– Je crois que j’ai entendu un coup de sifflet... une sirène, peut-être...
– Tu vois, quand tu veux... t’es un gars point trop sot. Vous avez r’marqué, mère Bouju, tout c’que les flics trouvent à faire quand une pauv’ fille agonise et qu’un assassin s’carapate dans les rues, c’est d’s’amuser avec leur sirène et buffer dans leurs sifflets. Ah ! on peut dire qu’on est bien protégés avec des argousins pareils !
– Ils sont plus forts de l’alcootest que du pistolet ! approuve la cliente de circonstance, dont le mari s’est fait prendre la semaine dernière sur la route de Sabrenac. Deux grammes six, à dix heures le matin !
– Et t’as rien vu d’autr’ ? insiste monsieur Merlineau qui a décidé de ne pas me lâcher, t’es pas allé voir quand t’as entendu la sirène ?
– Ben... non... J’ai pris la passerelle et... je suis rentré... d’ailleurs, j’aimerais mieux ne plus parler de tout ça...
– T’es trop sot !

Revue de presse

Sud Ouest : Un roman noir où se mêlent harmonieusement intrigue policière et humour. Une fois de plus, Jacques-Edmond Machefert a trempé sa plume dans le vitriol !
Le Courrier français : le romancier subtil nous revient avec "Le jour de foire est arrivé" que ce singulier auteur a conçu comme une arme de déstabilisation massive.
Le Littoral : Ceux qui liront "Le jour de foire est arrivé" n'iront peut-être plus à la foire de Saintes aussi décontractés...
La Haute Saintonge : Un style direct et imagé, un humour impertinent...

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