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Les amants du mort d'eau

Jacques-Edmond Machefert
Vendu par Jacques-Edmond Machefert, romancier
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Ajouté le 20/07/2010
Parution 2009
Editeur La Sermazelle
N°ISBN 2-9520835-2-5
Format 184 pages - 14,0x20,0cm
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Synopsis

Mortes-eaux en cette fin d’année pluvieuse, et moral à zéro pour Marc, affalé sur le canapé décrépit de son minable studio. Écrivain public balnéaire, il ne sort de son antre que pour traîner son désarroi sur les trottoirs déserts, sur la conche ventée ou dans les bars qui ne l’ont pas encore « jeté ». Mais qui est donc cette « shampouineuse » qui passe chaque jour, sur le coup de midi ? Quel but poursuit cette trop blonde et sensuelle Sylvie ? Pourquoi tient-elle à lui présenter ce banquier au passé tellement chargé qu’il cherche un « nègre » pour pratiquer l’exorcisme ? Et de quel mauvais film de gangsters sortent ces mystérieux « hommes à la Mercedes » ? Entraîné dans une aventure dont les enjeux le dépassent, cet antihéros saura tirer de sa plongée dans l’horreur du réel, de nouvelles et bonnes raisons de vivre et d’espérer. En même temps que les délicieux tourments de l’écriture, il découvrira les délices tourmentés de l’amour.

Extrait

Ma première cuite, c’était à Mornac, au Tahiti, sur le port. J’avais quinze ans... et j’avais voulu éblouir mes copains. Une réussite !
Géraaaaard, tu fais honte à ta pauvre mère ! 
Je pensais surtout qu’en « jouant à l’homme », au mâle, je me donnerais de meilleures chances de séduire Babette. En fait, ma petite chérie, elle n’avait apprécié que modérément. Il faut dire que ma prestation avait fini en capilotade quand un grand type rougeaud (un pêcheur de pibales, un frère de la côte) était entré dans le bar avec ses cuissardes, une casquette bleue sur ses cheveux trop longs, et une salopette maculée de vase sèche qui mettait bien en évidence son gros bide. Il s’était installé à côté de nous, au comptoir, et avait commandé un « jaune », en se roulant une cigarette de gris. Je ne sais plus ce que j’avais dit pour faire mousser mon humour boutonneux auprès de ma désirée, mais... le gonze l’avait mal pris.
– Tu vas le fermer, ton claque-merde, morpion ?
J’étais courageux à l’époque. Téméraire, plutôt. Imprudent, aussi. J’avais chopé l’mec par le colback (comme dans la chanson de Renaud) et lui avais clairement signifié que dans ce bistrot, dans tout Mornac (et dans le monde en général), le patron c’était pas forcément celui qui avait le ventre le plus rebondi :
– J’t’emmerde, gros-plein-d’soupe ! Dégage de là si tu veux pas que j’t’explose la tête !
La suite est encore douloureuse, vingt ans après... Putain, le maousse ne m’avait pas raté. Je revois, à travers un écran fluide et rouge, « les vitres superposées de la pensée » dont parlait Breton, sans doute, je revois donc Babette et Laurent... et Fabrice, penchés sur moi comme trois anges de l’enfer, trois cavaliers de l’apocalypse. J’ai juste le temps de me demander où est passé le quatrième guignol, pendant que ma tête vibre encore et qu’une migraine s’installe pour des semaines. Des années ! Puis, je perds conscience pour ne la retrouver que dans mon lit, baigné de vapeurs d’arnica et de Synthol, sous le regard humide de ma mère aux cents coups.
Certes, ce n’était pas la première fois que je me faisais casser la gueule... On se « castagnait » pas mal, à l’époque, à la sortie des boîtes. C’était la grande mode des boîtes de nuit, dans ces années-là. Des night-clubs (ou niches-clubes, selon la formule de notre voisin, le père Forgerit). « La Grange » à Breuillet, « Les Pirates » à Vallières, « Le Rancho » à Saint-Palais, « Le Scotch » sur la plage de Pontaillac... J’ai l’impression que c’était dans une autre vie. Aujourd’hui, les boîtes qui subsistent se sont spécialisées, me semble-t-il... Soit, elles s'adressent à de « vieux » nostalgiques de mon âge, des presque quadras ; soit, elles sont « ciblées » sur les gamins en quête de « techno » et en mal de « rave ». Les temps changent. Les distractions aussi...

Revue de presse

Pol'art noir : Jacques-Edmond Machefert nous offre un conte des temps modernes qui balaye avec une ironie persistante les travers de notre société bien pensante.
Sud Ouest : on est ici dans la veine des meilleurs romans noirs américains.
Le Littoral : Un roman à la fois tendre et féroce.
La Haute Saintonge : Sa plume impertinente s'en donne à coeur joie.

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