| Vendu par | Alan Spade Accéder à sa page perso |
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| Ajouté le | 13/07/2010 |
| Parution | 2010 |
| Editeur | Editions Emmanuel Guillot |
| N°ISBN | 978-2-9534217-2-9 |
| Format | 362 pages - 16,0x23,0cm |
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Tanneur de son état, Pelmen vient d’atteindre son âge d’hevelen et rêve d’émancipation – désir qui s’est jusqu’à présent heurté à l’inflexibilité de son père. Lorsque le menuisier Galn Boisencroix, son mentor au tir à l’arc et l’un de ses rares soutiens, décide de partir s’installer dans une autre ville avec sa famille, Pelmen doit faire un choix.
Mais en s’efforçant d’échapper à son sort, ne risque-t-il pas d’attirer sur lui l’attention des forces occultes qui entendent bouleverser l’équilibre du monde ? Face à elles, son courage et sa maestria avec un arc ne suffiront pas. Pour s’accrocher aux rênes de son destin, il lui faudra maîtriser le Souffle d’Aoles.
« La journée avait été éprouvante et Pelmen n'avait qu'une hâte, contenter son estomac pour s'étendre de tout son long le plus tôt possible. Lorsqu'au terme du repas Laneth lui fit un discret signe de tête, il fit celui qui n'avait rien remarqué et gagna en grimaçant l'endroit où il avait posé ses affaires – ses membres étaient si courbatus que le simple fait de les remuer exigeait des efforts considérables. Il se laissa tomber comme une masse. Paradoxalement, le sommeil tarda à venir, ce qui eut le don de l'agacer. N'avait-il pas mérité le repos après une telle journée ? Quand enfin il parvint à oublier ses douleurs et glissa dans l'abandon, quelqu'un s'évertua à lui secouer l'épaule.
« Hé ! » fit-il en clignant des yeux.
Les étoiles brillaient dans le firmament ténébreux – plusieurs heures devaient s'être écoulées – environnant la figure d'une jeune fille. Bien qu'encore désorienté, il reconnut Laneth.
« Que fais-tu ici ?
– Comment ça ? Je viens te chercher bien sûr ! C'est ce qui était convenu, non ? »
Pelmen produisit un son qui tenait à la fois du bâillement et du gémissement. « Je ne me rappelle pas t'avoir demandé de me réveiller au beau milieu de la nuit.
– Ne fais pas semblant de ne pas comprendre. Je devais t'apprendre l'art de la lutte, tu te souviens?
– Maintenant ?
– Le plus tôt sera le mieux pour toi. Le trajet ne sera pas si long.
– C'est Xuven qui t'envoie ? grommela-t-il.
– Non. »
Pelmen l'examina en ayant conscience que non loin, Ielun venait de remuer dans son sommeil. Il poussa un soupir et se leva, davantage parce qu'il ne souhaitait pas réveiller ses compagnons que pour toute autre raison.
Elle le conduisit à une centaine de coudées de là, à proximité de plantes odoriférantes. « Comment allons-nous faire ? marmonna-t-il en réfrénant un nouveau bâillement. C'est à peine si je t'aperçois.
– Justement, l'exercice est excellent. Tu vas devoir te fier à tes sensations. Laisse ton corps trouver ses points d'équilibre. »
Pelmen soupira derechef. En cet instant, le seul point d'équilibre de sa carcasse aux membres douloureux se situait au plus profond de sa litière. »
Coup de coeur du site Les Chroniques de l'Imaginaire (21 mai 2010) :
On plonge totalement dans l'univers et l'on finit par s'y intégrer. En regardant son monde avec les yeux de Pelmen, on frémit, on espère avec lui, on pense par son esprit et on est charmé par sa perspicacité teintée de l'attachante naïveté de sa jeunesse.
Pelmen a atteint son seizième cycle de vie, un âge où, en tant qu'hevelen, il peut théoriquement choisir sa voie. Toutefois, dès sa plus tendre enfance, il a suivi un apprentissage de tanneur, car dans sa famille, c'est la tradition : les mâles de pères en fils travaillent les peaux de bêtes et, de par leur profession peu prestigieuse, salissante et très odorante, ils sont des Déshérités. Bien que ce métier le rebute et l'ennuie, Pelmen tient son existence à la tannerie pour acquise, car il est difficile de quitter un sentier tout tracé lorsque l'on est issu des couches les plus basses de la société. C'est alors que surgit dans sa vie Galn Boisencroix, maître menuisier, qui l'autorise à fréquenter son fils. Une amitié naît entre les deux jeunes gens, et Galn se pose d'office comme leur mentor. Progressivement, ce dernier s'attache au jeune Pelmen et lui apprend les rudiments de tir à l'arc qui pourraient lui permettre de devenir traqueur, car le jeune Pelmen est doué. Malheureusement, Galn contracte une maladie pulmonaire qui le force à quitter précipitamment la région. Il propose alors à Pelmen de quitter sa famille pour les suivre et lui offre ainsi l'inestimable possibilité de réaliser son rêve. Mais comment Pelmen parviendra-t-il à convaincre son père?
Alan Spade le dit lui-même sur son blog, « un bon livre, c'est comme une bonne vieille chaussure : on se sent à l'aise à l'intérieur, confortable. » Le Souffle d'Aoles procure très exactement cette sensation. Dès les toutes premières pages, les personnages, en plus d'être attachants, nous semblent familiers. Les termes bizarres, les animaux étranges, le fonctionnement si différent de cette société, on oublie très vite, car tout est amené subtilement et l'accommodation se fait en douceur. On plonge totalement dans l'univers et l'on finit par s'y intégrer. En regardant son monde avec les yeux de Pelmen, on frémit, on espère avec lui, on pense par son esprit et on est charmé par sa perspicacité teintée de l'attachante naïveté de sa jeunesse. Son parcours, quoique semé d'embûches plus ou moins dommageables pour sa santé, s'achemine page à page vers son avancement social et son accomplissement personnel. Les valeurs morales du jeune héros consolident l'aspect psychologiquement bénéfique de ce roman de science-fantasy constellé de sentences simples et belles qui illuminent ce texte: « [Est]-ce cela la vie ? Une main tendue, qui vous [tire] de votre fange et vous [force] à contempler le monde sous un jour différent ? »...
Si, malgré toutes ces raisons, vous hésitez encore en tant que lecteur à dévorer les aventures passionnantes de Pelmen, laissez-vous convaincre par l'auteur lui-même en lisant gratuitement les trois premiers chapitres de son roman (http://emmanuelguillot.over-blog.com/)!
Ecrite par Pantalaimon, le 21 Mai 2010 à 09:05 dans la rubrique Roman Inclassable .
Blog de Frédéric Gobillot (9 juin 2010) :
En lisant le Souffle d'Aloes, les images qui me sont venus à l'esprit sont à la fois
celle de nos grands anciens de la fiction comme K. Dick, mais aussi de films
d'animations comme « La Planète Sauvage» (1973 de René Laloux) et un petit côté
épuré à la Moebius.
Bref, derrière une très belle couverture de Thibaut Desio, un contenu prenant nous
emmenant dans un univers loin du nôtre dont nous avons soif dans découvrir plus.