| Vendu par | Thierry Saintot Accéder à sa page perso |
|---|---|
| Ajouté le | 22/09/2011 |
| Parution | 2008 |
| Editeur | ABM |
| N°ISBN | 978-2-35152-121-2 |
| Format | 176 pages - 12,0x18,0cm |
| Avis des lecteurs | Aucune note attribuée
Aucun avis posté - Ajouter votre avis |
En toile de fond, les paysages exceptionnels des collines du Lubéron, teintées d'ocres et parfumées de lavande. Au flanc d’un adret, un petit village abrite une maison de famille ; la maison de Miranda. Un meurtre d’une barbarie peu commune y est commis, entraînant à tort une jeune femme en prison. La détenue fut violentée et fait chanter dans l’ombre un respectable notable. Mais la maison a révélé jadis un secret, qui uni son histoire à une somptueuse exploitation vénézuélienne. A l’aube de la libération de la prisonnière, des indices sont peu à peu découverts et réunissent inévitablement plusieurs personnes autour de cette maison. D’autres sont là, guidées par le hasard. La maison de Miranda dévoile lentement tous ses secrets, à qui sait les déchiffrer. A mesure que cet incroyable puzzle se reconstitue, la vie de chaque acteur bascule, transformant leurs existences paisibles en extrême bonheur ou en un terrible cauchemar.
http://www.thierrysaintot.com
Les deux femmes ont un peu bu. Elles ont fêté la libération de Miranda, mais aussi leur rencontre et leur association. Elles imaginent leurs vies dans quelque temps, lorsque Miranda aura récupéré sa fortune au Venezuela. Elles déambulent dans les rues de la Tour d’Aigues à la recherche d’un bar et d’un dernier verre. Miranda a ce soir raconté sa vie à Natalia. Son enfance à Sivergues, sans père, mais aussi son viol et le chantage qu’elle a exercé, puis le meurtre de sa mère et enfin ses années de prison. Natalia, elle, a conté son enfance heureuse au Venezuela puis son mariage plus que raté, la mort de ses parents, sa souffrance de la solitude et sa teinturerie de Caracas. Elles sirotent leurs verres et décident de concert qu’il n’est pas sérieux de partir ce soir pour Sivergues. Il est tard et l’alcool fait tourner les têtes. Natalia prend dans la sienne la main de Miranda et lui propose, grisée, de l’emmener à son hôtel de la Tour d’Aigues, l’adorable « Petit Mas de Marie.» Miranda accepte souriante et enthousiaste en pressant la main de son amie. La porte de la chambre est à peine refermée que les deux femmes se jettent dans les bras l’une de l’autre et s’embrassent avec passion. L’effusion langoureuse se prolonge de longues minutes, puis les bouches se séparent. Miranda prend le visage de Natalia dans ses mains.
- Ma chérie, je suis dingue de toi depuis que tu es venue me voir au parloir.
- Sans cesse, je pense à toi depuis ma visite, répond Natalia.
Elles s’embrassent de nouveau. Leur amour jaillissant est sincère. Elles sont belles, libres et bientôt riches. L’avenir semble leur appartenir. La nuit est torride. La découverte mutuelle de leurs corps est une apothéose, et le mélange de leurs êtres les emmène vers une jouissance sensuelle jamais atteinte. Les caresses données et reçues font vibrer tous leurs sens, et le jour pointe déjà lorsqu’elles s’endorment enlacées, épuisées de cette nuit de plaisirs charnels.
Il est midi lorsque la Clio de location démarre en direction de Sivergues. Les deux femmes vont s’installer chez Miranda pour quelques jours, le temps de préparer leur départ pour l’Amérique du Sud. Elles sont heureuses, elles s’aiment. Pourtant Natalia se pose encore des questions sur cet amour insensé et atypique. Miranda le sent et questionne son amie. Natalia répond, confuse et maladroite. Elle est mal à l’aise et s’embrouille dans des explications novices sur leur relation hors norme. Elle décrit son émerveillement face à la découverte de ces sentiments inattendus envers une femme, mais en appréhendant déjà le regard des autres. Elle craint les commentaires assassins et les quolibets à peine voilés. Miranda lui demande de stopper le véhicule et lui propose de marcher un peu. Les deux femmes cheminent comme cela quelques minutes avant de s’installer sur le tronc d’un vieux chêne déraciné. Miranda respire à pleins poumons avant de s’exprimer. Elle a compris l’hésitation de Natalia, elle doit la convaincre.
- Écoute-moi bien ma chérie, je vais essayer de t’expliquer, j’ai eu hier les mêmes doutes que toi, mais cette nuit j’ai compris, j’ai tout compris. Un amour différent est bien souvent difficile à vivre. Qu'il soit homosexuel ou tout simplement de couleur différente ou encore de culture divergente. L'interdit s'immisce, la tradition bien pensante surgit avec ses fardeaux culturels. Nous devons nous arracher de la soumission inconditionnelle et aveugle à la société et au pouvoir de domination familial, politique et même religieux. Si nous voulons vivre notre amour pleinement, nous devons accepter notre différence et assumer notre choix. D’ailleurs le regard des autres ne doit en aucun cas te mettre mal à l’aise Natalia. Rappelle-toi que tu vis pour toi et pas pour une apparence que tu dois donner aux autres. Et puis réfléchis bien, pense à ton passé, à ton mariage et aux hommes. N’oublie pas la nuit que nous venons de vivre. Admets que l'amour au féminin est beaucoup plus tendre et beaucoup plus doux. D’ailleurs, qui mieux qu'une femme peut ressentir le plaisir de l'autre ? Et qui mieux qu'une femme peut procurer ce plaisir ? Franchement ma chérie, ne vois-tu pas que nous sommes faites l’une pour l’autre, ne sens-tu pas dans tes tripes que je t’aime !
Miranda se jette dans les bras de son amie. Natalia est sensible et le discours de Miranda l’a réellement émue. Elle pleure et sourit, elle est conquise, davantage amoureuse encore.
- Je t’aime aussi Miranda, tu as raison, je ne m’inquiéterai plus.
Les deux femmes reprennent la route de Sivergues, plus complices et proches que jamais.
Sobook, Impression à la demande !
Viens de paraître, Revue Le PONT n°1 !
Accompagnement littéraire Clémence Borin
Nouveauté, Du souffle sous la plume n°10, nouvelle
Nouveauté, Du souffle sous la plume n°9, poésie
Le n°1, Boulevard des Plumes
Temps pluriel, de Frédéric Edmond Félix Bertand
Old Fashioned, Marie-Line Musset
Visitez les pages de nos partenaires !
Revue Le Grognard