| Vendu par | Editions Terriciaë Accéder à sa page perso |
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| Ajouté le | 07/03/2012 |
| Parution | 2011 |
| Editeur | Éditions Terriciaë |
| N°ISBN | 978-2-916529-53-0 |
| Format | 236 pages - 15,0x22,0cm |
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L’ensemble de l’œuvre poétique de Jan-Calendau VIANÉS se reflète dans un miroir qui restitue l’évolution de sa poésie au travers de quatre recueils qui sont : « S’il reste un peu de moi » (Se soubro un pau de ièu), « La terre et le songe » (La terro et lou sounge), « Dans le temps qui hésite » (Dins lou tems que trantraio) et « Le miroir mouvant » (Lou mirau mouvènt).
Nous avons désiré réunir dans un seul volume l’ensemble de son œuvre en respectant les dates de parution de chacun de ses recueils pour que le lecteur puisse suivre pas à pas au fil des poèmes le chemin tracé par le poète dès son adolescence jusqu’à la fin de ses jours. Il s’éteindra à MOURIÈS (13) dans sa soixante-dix septième année, le 3 octobre 1990. Suivant sa volonté, refusant fleurs et couronnes, seul l’accompagnera un rameau d’olivier posé sur sa poitrine, symbole de paix et d’éternité.
Le lecteur est invité à pénétrer dans le monde secret, vécu et imaginé, du poète avec ses certitudes et ses interrogations, mais dans lequel subsiste toujours, malgré un certain pessimisme, la formidable envie de vivre et le désir d’exister au travers d’une vie d’homme simple et très proche de la nature, dont il décrit aussi la rudesse et la beauté.
Une approche poétique philosophique et moderne des choses vécues ou ressenties avec une vision sincère et réaliste révélant, au fil des vers, des sentiments divers, telles que la passion, l’espérance, la nostalgie, et une certaine inquiétude face au crépuscule de la vie qui nous confronte à la criante vérité de l’existence.
Cette harmonie poétique universelle où se mêlent également l’amour, le respect, l’attachement à la terre et aux valeurs fondamentales fait de Jean-Calendal VIANÈS un des plus grands poètes provençal du XXe siècle.
Au travers de son œuvre, le temps ne compte plus. Il reste la présence de cette image persistante qui se reflète dans un miroir pour l’éternité.
SERVANO
A Dono Anaïs Winter.
Ai que de me clina sus lou mirau mouvènt
Dóu pesquié de Servano
Pèr ié vèire ’mé lou rebat di broundo
L’image esmouvènt d’uno enfant de sege an
Que venié dins l’andano dóu pargue
Un bèu dimenche d’autre-tèms.
Un image neblous, rèn de mai qu’uno trèvo
Que mounto di founsour,
E sabe plus quau es la chato sounjarello
Que l’aigo n’en retrais la caro e lou secrèt
Aro que tant de jour an passa desempièi
E que d’autro belèu soun vengudo au pesquié
Muraia sa jouvènço e sounja soun astrado.
Quant n’i’a agu dins lou tèms esvali,
Crentouso o riserello,
De chato qu’an treva lou pargue e sis andano ?
Se soun clinado un cop sus l’aigo ensouleiado
E l’aigo n’a garda l’image desenant
Coume pèr apara lou remèmbre d’uno ouro
Entre tóuti requisto e que tournara plus.
Qu’enchau que pièi se siegon enanado
En de rode estrangié
E que l’óublit lis ague à cha pau engoulido
E que res sache plus soun noum ni soun istòri ?
Lou vièi pesquié miraiejo pèr sèmpre
Sout li broundo d’aièr, de vuei e de deman
E belèu quauque jour uno chato vendra,
Souleto e pensativo,
Camina tournamai dins l’andano dóu pargue
Sèns saupre que refai lou sounge esvanesi
D’aquéli qu’à-de-rèng soun vengudo sounja
Proche de l’aigo siavo e pamens fernissènto
Mounte soun recata, foro dóu tèms que gilo,
Soun eterno jouvènço e soun gàubi esmouvènt.
SERVANES
À Madame Anaïs Winter.
Je n’ai qu’à me pencher sur le miroir mouvant
Du bassin de Servanes
Pour y voir trembler, avec le reflet des branches,
L’image émouvante d’une enfant de seize ans
Qui venait dans l’allée du parc
Un beau dimanche d’autrefois.
Une image embrumée, rien de plus qu’un fantôme
Qui monte des profondeurs,
Et je ne sais plus quelle est la jeune fille songeuse
Dont l’eau reflète le visage et le secret
Maintenant que tant de jours ont passé depuis lors
Et que tant d’autres peut-être sont venues près du bassin
Mirer leur jeunesse et rêver leur destin.
Combien de jeunes filles, dans le temps disparu,
Timides ou rieuses,
Ont parcouru le parc et ses allées ?
Elles se sont penchées sur l’eau ensoleillée
Et l’eau a gardé désormais leur image
Comme pour préserver le souvenir d’une heure
Précieuse entre toutes et qui ne viendra plus.
Qu’importe qu’elles soient parties
Pour des pays étrangers
Et que l’oubli les ait peu à peu englouties
Et que nul ne sache plus leur nom ni leur histoire ?
Le vieux bassin brille toujours
Sous les branches d’hier, d’aujourd’hui, de demain
Et peut-être un jour une jeune fille viendra,
Solitaire et pensive,
Cheminer de nouveau dans l’allée du parc
Sans savoir qu’elle refait le rêve évanoui
De celles qui, tour à tour, sont venues rêver
Près de l’eau tranquille et pourtant frémissante
Où sont conservées, hors du temps qui s’enfuit,
Leur jeunesse éternelle et leur grâce émouvante.
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